Les Jardins Suspendus de Babylone, en Mésopotamie (Irak actuel)

Gravure des Jardins Suspendus de Babylone
Gravure des Jardins Suspendus de Babylone

Seconde merveille de l'Antiquité, les Jardins suspendus sont un édifice de Babylone cité dans les œuvres de plusieurs auteurs de cette époque tels que Diodore de Sicile, Strabon, Philon d'Alexandrie ou  le prêtre babylonien Bérose. Selon ce dernier, Nabuchodonosor II aurait construit ces jardins afin de rappeler son pays natal à son épouse, Amytis de Médie, contrée verte et  montagneuse de l’Iran, qui contrastait avec le climat aride et le relief plat de Babylone.

 

Bien que l'on ait redécouvert au début du XXème des constructions antiques de la ville de Babylone, telles que la tour de Babel, les murailles, les palais royaux, grâce à l’archéologie et à la traduction de textes anciens, il n’en n’a pas été de même pour les jardins suspendus. A tel point que les chercheurs actuels ont émis plusieurs hypothèses.

Certains continuent à chercher à localiser les jardins, malgré l’absence de reliques, de traces archéologiques ou textuelles tandis que d’autres doutent tout simplement de leur existence et les ont même relégué au rang d’inventions, de fables imaginées par des auteurs antiques.

 

Malgré le fait que les récits reposent souvent sur des sources originales identiques il n’y a pas toujours de cohérence entre la description, la localisation et les informations sur les jardins.

La description est plus ou moins détaillée bien qu’il semblerait qu’il y ait eu des arbres plantés en hauteur et qu’on y accédait par des terrasses voire par un escalier.

Après analyses des descriptions de Diodore, Strabon et Quinte Curce, on estime que les jardins auraient été construits sur un carré de 120 mètres de côté. 

Selon Diodore et Quinte Curce, il se serait agit d’une construction en pierre aux murs épais capables de supporter le poids des jardins; ce qui semble toutefois être peu en accord avec traditions architecturales de l’époque et du lieu. Diodore décrit un procédé complexe associant plusieurs couches de pierre, roseau, bitume et plomb mis au point pour éviter que l'humidité de la terre, constituant la couche supérieure du sol des jardins, ne se répande plus bas. Sa description des galeries supportant les jardins est cependant moins claire.

Selon Strabon, les piliers de l’édifice se rejoignaient par des arcades et l'édifice aurait été construit tout en briques.

 

L'emplacement des jardins débattu


La localisation des édifices est plus ou moins précise, dans un secteur palatial, à la proximité de l'Euphrate.

Malgré des fouilles et des recherches récentes, les jardins suspendus de Babylone n'ont jamais pu être identifiés avec certitude sur le site. Aucun texte babylonien ne les évoque. Il est même frappant qu'aucune inscription de fondation de Nabuchodonosor II ne mentionne cet édifice, alors que les autres édifices majeurs de Babylone ont été évoqués dans les sources classiques.

Du fait de la nature des ruines de Babylone, une telle construction ne peut avoir survécu aux outrages du temps car les parties hautes des bâtiments ont disparu depuis l'Antiquité. En revanche, les analyses des données des fouilles du site combinées à celles des sources antiques, qui sont plus crédibles qu'on ne le suppose parfois, permettent de proposer plusieurs emplacements possibles pour les jardins suspendus de Babylone.

Le premier à avoir proposé une localisation par des données de fouilles est Robert Koldewey, directeur des campagnes ayant dégagé les principaux bâtiments de Babylone au début du XXe siècle. Selon lui, les jardins suspendus étaient situés dans une construction du Palais sud.

Plusieurs décennies après, D. Wiseman les situe, grâce à une analyse plus poussée des sources écrites et archéologiques, au nord de la « Forteresse occidentale », construite au bord de l'Euphrate au temps de Nabuchodonosor II. Elle aurait ainsi été reliée au Palais nord, résidence principale de Nabuchodonosor, et les jardins auraient été irrigués par des eaux apportées depuis un vaste réservoir (la « Fortesse orientale »).

 

Des jardins suspendus à Ninive ?


Les tentatives de localisation des jardins suspendus à Babylone ont soulevé des interrogations quant à leur présence sur ce site. S. Dalley a été le premier a réfuté la thèse selon laquelle les jardins étaient situés à Babylone. Ils auraient en fait été construits à Ninive, capitale de l'Assyrie, rivale de Babylone. En effet, certains auteurs grecs classiques confondaient Ninive et Babylone, rendant ainsi plausible une confusion sur la localisation des jardins.

De plus, les jardins sont beaucoup plus mentionnés dans les sources des rois d’Assyrie que dans celles des rois de Babylone. Les Assyriens étaient passés maîtres dans la confection des jardins d'agrément, et ont pu développer des jardins suspendus. Cependant, le fait qu'il y ait eu des jardins suspendus dans cette ville n'exclut en rien le fait qu'il y en ait eu à Babylone, surtout que les Babyloniens ont repris plusieurs traditions de la royauté assyrienne.


Fonctionnement et aspect des jardins


L'acheminement de l'eau vers les jardins en hauteur est un autre point intéressant des récits. Philon, le plus intéressé par les aspects techniques de l'édifice, décrit longuement le système des canaux servant à irriguer le parc. Strabon reste le seul à décrire clairement le moyen par lequel l'eau est élevée, à savoir une vis d'Archimède, actionnée par des humains. Suivant Strabon et Diodore, l'eau provient de l'Euphrate.

 

Plus récemment, les études de Wiseman, Stevenson et Reade se sont accompagnées de descriptions plus précises de l'aspect des édifices. Selon eux, l'élévation des jardins serait une succession de terrasses superposées en recul les unes par rapport aux autres. Seule une partie du parc serait suspendue. 

Peinture à l'huile des Jardins Suspendus de Babylone
Peinture à l'huile des Jardins Suspendus de Babylone