La tour-fanal de Pharos, dite le Phare d'Alexandrie, Égypte

Reconstitution virtuelle du Phare d'Alexandrie
Reconstitution virtuelle du Phare d'Alexandrie

Le phare d'Alexandrie, septième et dernière des merveilles antiques, a servi de guide aux marins pendant près de dix-sept siècles (du IIIe siècle avant notre ère au XIVve siècle).

Sa construction aurait débuté vers -297 et duré environ 15 ans. Ptolémée Ier commença les travaux et le chantier fut achevé sous le règne de son fils Ptolémée II.

 

Histoire et construction


Le phare a été érigé à la pointe de l'île de Pharos, où se trouve actuellement le fort Qaitbay (construit avec certains blocs du phare). Les nombreux tremblements de terre qui ont eu lieu dans la région ont progressivement endommagé le phare, menant ainsi à sa quasi destruction en 1303.

 

L'emplacement est toutefois mis en doute par Jean Yoyotte qui s'appuie sur les blocs de pierre retrouvés au pied du fort Qaitbay dont la disposition sur le site ne correspond pas, selon lui, à l'ordre qui aurait dû être observé suite à un effondrement. Pour Yoyotte, il ne faudrait donc pas négliger l'hypothèse selon laquelle il pourrait s'agir en fait de récifs artificiels construits pour protéger la côte des bateaux ennemis.

 

Le phare resta dans cet état jusqu'à la fin du XVe siècle quand un des derniers souverains mamelouks Burjites de l'Égypte y ordonna la construction d'une citadelle pour protéger la ville de l'Empire ottoman.

 

On a longtemps pensé que la construction avait été dirigée par l'architecte Sôstratos de Cnide dont le nom est donné par le géographe grec Strabon.

 

Rôle du phare


Le phare a été construit pour protéger les marins de la côte d'Alexandrie, mais également, selon Jean-Yves Empereur, en tant qu'œuvre de propagande. La ville tout entière a été construite de façon démesurée et le phare devait en être le symbole. D'ailleurs, bien qu'il existât à Alexandrie d'autres bâtiments tout aussi célèbres que le phare (la grande bibliothèque, le tombeau d'Alexandre), il deviendra emblématique de la ville et l'est encore aujourd'hui.

On peut lire chez Strabon que le phare était construit en pierre blanche qui serait en fait un calcaire local (pierre blanche du Mex) ayant la particularité de durcir au contact de l'eau et en granit d'Assouan.

 

Aspect et dimensions


A l’aide de représentations du phare plus ou moins fidèles (documents figurés, mosaïques), de sources écrites mais aussi de pièces de monnaie frappées à Alexandrie, Jean-Yves Emepreur, célèbre archéologue français, a réussi à en tirer un plan assez précis.

Il s’agirait d’un bâtiment à trois étages d’environ 135m de hauteur avec :

-une base carrée légèrement pyramidale

-une colonne octogonale

-une petite tour ronde surmontée d'une statue

 

On pense que son rayon de visibilité s'étendait sur environ 50 km.

La statue qui se dressait au sommet du phare n'a pas encore pu être formellement identifiée ; en effet, il pourrait s'agir de Zeus, de Poséidon ou d'Hélios.

 

Explorations sous-marines


Si la présence de blocs sous-marins était connue depuis le XVIIIe  siècle, ils n'ont pas été étudiés avant les années 1960.

La première étude vraiment sérieuse du phare a été réalisée par Hermann Thiersch au début du XXe siècle. Il recensa toutes les sources existant jusqu'alors pour arriver à une description assez fidèle du phare à différentes époques. Pour lui, les assises du phare se trouvaient encore dans le donjon du fort Qaitbay. Mais, en tant que construction militaire, l’accès en était interdit et il fallut attendre le début des explorations sous-marines pour pouvoir véritablement étudier les vestiges du phare.

 

Ces recherches ont commencé au début des années 1960 grâce à un plongeur et archéologue amateur alexandrin, Kamel Abul Saadat, qui a été le premier à explorer l'entrée du port et à attirer l'attention sur les blocs qui s'y trouvaient. Tant et si bien qu'en 1968, l'Unesco envoie sur place l'archéologue écossaise Honor Frost avec qui Kamel Abul Saadat établit le plan des fonds sous-marins.

 

Depuis 1994, plus de 3 000 blocs, dont plus des deux tiers sont des blocs architecturaux, ont été recensés. Pour cela, des dizaines de blocs ont été remontés à la surface grâce à des ballons mais c'est un travail difficile et cela explique la lenteur des travaux dans la zone. Le CEAlex (Centre d’études alexandrines, créé par Jean-Yves Empereur) a tout de même réussi à cartographier complètement le site, et il ne reste plus aujourd'hui qu'à étudier les blocs afin de prouver qu’ils proviennent effectivement du phare.

Représentation virtuelle du Phare d'Alexandrie
Représentation virtuelle du Phare d'Alexandrie